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La valse des neurones


Cerveau et art • Exposition • Paris-Banlieue

La Valse des neurones
propose un cheminement artistique pour répondre à la question mystérieuse de « Comment développer une esthétique de la neuroatypie ? » S’arroger la conception d’une esthétique de la neuroatypie implique d’interroger la manière dont certains cerveaux dits neurodivergents perçoivent, organisent, et narrent le réel, d’après un traitement particulier des informations acquises par l’expérience et la compréhension de ces
variations. Les neurosciences montrent que ces modes perceptifs reposent sur des réseaux neuronaux et des traitements sensoriels spécifiques tels que l’attention au détail, l’hyper (ou l’hypo-) réactivité sensorielle, la modulation atypique des connexions synaptiques, ou même la polyperception simultanée dans le cas de la synesthésie… À partir de ces éléments scientifiques, il devient alors possible de saisir la divergence, non pas comme une altération, mais comme une configuration perceptive singulière, susceptible de générer ses propres formes, rythmes et langages visuels.
La prise de conscience du monde, de l’autre et de soi, en son for intérieur, devient ici un terrain propice à l’expression atypique, où s’additionnent, voire se démultiplient, surcharge informationnelle, perceptions sensorielles visuelle et auditive, attachement vétilleux au détail, mais également mise en exergue de la sensibilité colorimétrique et du signe. Autant de paramètres neurocognitifs, récurrents dans la littérature sur les profils neuroatypiques et particulièrement du TSA (trouble du spectre de l’autisme) + TDHA, qui laissent émerger des formes singulières lorsqu’elles sont transformées plastiquement.

À partir d’autoportraits, d’imageries médicales, de lectures scientifiques et d’usage des IA, l’artiste rend ici en peinture pigmentaire augmentée par la technologie, une partie de sa recherche en art et science. L’œuvre devient alors un espace où les interactions entre sensorialité amplifiée, traitement cognitif atypique et représentations symboliques se matérialisent sous des formes plastiques inédites, co-imaginées par l’humain et la machine qui vient renforcer les imaginaires, ou plus exactement leur proposer des versions tangibles à partir d’images mentales, où se mêlent récurrence de motifs, variations fractales, synchronies et dissonances visuelles, traitement post scientifique par l’IA des données et leurs interprétation artistiques par le passage du geste pictural. Ce dernier laisse émerger un langage visuel hybride teinté de couleurs saturées, où le vert acide flirte avec le rose intense, et le jaune fluo et le bleu profond avec des rouges-roses orangés éclatants. Cette gamme chromatique amplifie la stimulation visuelle comme un reflet de l’hypersensorialité signifiée par l’intensité du signal électrique et chimique dans le cerveau.
Dans l’œuvre d’ABK, on cherche moins la vérité scientifique du signe, que l’expression sensible de la richesse du champ neuronal propre à la neurodiversité, que l’on expérimente ici telle une immersion dans un réseau dynamique symbolisant l’attraction et la complexité des schémas de connexion du connectome*. Récurrence des motifs superposés créant une profondeur de champ, densité visuelle, saturation participent à la création d’une force visuelle invitant l’œil à plonger dans cet enchevêtrement qui symbolise la ferveur et la complexité du réseau. Par son interprétation subjective et hyper expressive, l’œuvre suggère ainsi que la neurodiversité représente une variation unique et riche de l’architecture cérébrale. Elle invite à explorer autant qu’à célébrer un état de conscience et de connexion particulier, plutôt qu’une simple illustration scientifique d’états strcuturels perçus comme pathologiques, ouvrant sur l’appréciation positive de la variété du connectome humain.
*Connectome : cartographie des connexions neuronales du cerveau, aussi perçu comme l’ « ADN » du cerveau.

=> en raison du plan Vigipirate, l’accès au site est contrôlé : les visiteurs doivent obligatoirement se présenter à l’accueil et laisser une pièce d’identité. Sonnez à l’interphone pour accéder au site.

Adresse

Où ?

IPNP, Inserm

25 rue durantin, Paris

Quand ?

  • Du 16 mars 2026 au 20 mars 2026
  • 10H-17H

Orateur(s)

  • Alexandra Boucherifi-Kornmann (ABK) artiste chercheure

Admission

  • Tout public
  • Gratuit

Contacts